MSAD : " Socialisme d'émancipation" Quelques mois après avoir exprimé sa " liberté de pensée ", Laurence Nasdrovisky a porté sur les fonts baptismaux le MSAD, " groupe de pression ". TOUJOURS affiliée au Parti socialiste (celui de Lessines en l'occurrence...), Laurence Nasdrovisky a présenté officiellement, samedi matin, le mouvement dont elle avait annoncé la création au début du mois. On sait que la conseillère communale socialiste a d'abord réagi, au début de l'année, lorsque furent mises sur la place publique certaines manoeuvres amorcées au sein de son parti en vue des prochaines élections communales de 2006. " Dans ma lettre ouverte, je demandais un sursaut démocratique. Force a été de constater que cet appel n'a pas été entendu par la majorité en place. J'ai immédiatement été exclue des réunions de majorité et je n'ai pas été invitée aux festivités du 1er mai, alors que je faisais toujours partie du parti socialiste athois. " Elle a ensuite pris plus radicalement ses distances avec le parti socialiste athois, en raison notamment de " témoignages de sympathie ". " J'ai décidé de continuer à me battre pour défendre mes idéaux socialistes et ma foi en la démocratie. " Laurence Nasdrovisky a rejoint l'opposition tout en créant un nouveau mouvement, le Mouvement socialiste athois démocrate. " Ce mouvement est plutôt un groupe de pression pour rappeler l'importance des pratiques démocratiques et les valeurs fondamentales du socialisme. De nombreuses personnes sont venues me rejoindre et, ensemble, nous avons estimé que nous devions nous structurer pour avoir une existence reconnue sur l'échiquier politique athois. " Un comité provisoire a donc été installé, avant... des élections internes. Laurence Nasdrovisky a décidé de ne pas assurer la présidence du MSAD (dans un premier temps du moins), proposant ce poste à un jeune, issu " d'une famille socialiste de toujours ", Sébastien Delsanne. Christophe Ost, mari de Laurence Nasdrovisky, décrit les axes fondamentaux de la " charte " du MSAD. " Pour qu'une démocratie vive, il faut que les citoyens puissent participer et être impliqués dans la vie de leur cité. On ne peut défendre cette idée si au sein d'une structure de pouvoir, le principe de discussion est nié et le respect de valeurs fondamentales bafoué. " Les mots-clés sont " clarté " (présentation d'un projet ou d'une décision en abordant tous les aspects, sans zone d'ombre), " transparence " (le but doit rester visible), " participation " (militants et citoyens doivent être consultés régulièrement). " Nous sommes pour un socialisme d'émancipation. Par sa position centrale et influente, une ville est un acteur primordial de la vie des habitants un catalyseur du progrès social. Une ville socialiste doit défendre les plus démunis. Au-delà de cette fonction d'urgence, elle doit aussi aider les démunis à se défendre tout seul et à s'émanciper. Il n'y aura pas de progrès social tant qu'il y aura tant de gens qui sont confinés dans la précarité et le besoin. " Reste maintenant à voir quelle audience, en public et en coulisses, va recevoir cette dissidence socialiste. On peut penser que des marques de " sympathie " vont encore se traduire dans les coulisses. Mais le MSAD ne tirera sa légitimité que d'une reconnaissance publique suffisamment large. C'est là l'équation du problème pour ses fondateurs dans une ville où le fonctionnement d'une majorité aussi absolue que celle du PS a créé de véritables réseaux clientélistes (comme en d'autres lieux, avec d'autres partis). Avec en filigrane un mécanisme pour le moins particulier au niveau du processus décisionnel.
F. Hostraete