Ghislenghien : le malaise (29/07/2006)

Les pompiers d'Ath ne pouvaient pas connaître l'existence du gazoduc. Du personnel de la commune l'a confirmé au parquet

Demain, ce sera le deuxième anniversaire de la catastrophe de Ghislenghien qui fit 24 morts et 132 blessés le 30 juillet 2004 lorsqu'une conduite souterraine de gaz explosa sur le chantier de Diamant Boart, dans le zoning de Ghislenghien. L'instruction, qui a été menée par le juge tournaisien Bresoux, est achevée. Normalement, la chambre du conseil, qui décidera de renvoyer ou non les 12 inculpés (personnes physiques et morales) devant le tribunal correctionnel de Tournai, devrait se tenir au premier trimestre 2007.

Parmi les personnes physiques inculpées, le député-bourgmestre d'Ath Bruno Van Grootenbrulle et le secrétaire communal athois Marc Duvivier qui se voient reprocher de n'avoir pas délégué des agents compétents aux réunions d'information de Fluxys à Ath en avril 2001 et février 2003.

On se souvient que dans la foulée de la catastrophe, une vive tension était apparue entre l'ancien commandant des pompiers Jean-Pol Dupont, parti à la retraite trois semaines avant la catastrophe en laissant la place à feu Eddy Pettiaux, et Bruno Van Grootenbrulle ainsi que Marc Duvivier. Le premier soutenait et soutient toujours que les pompiers et surtout le commandant Pettiaux ne pouvaient connaître la présence de ce gazoduc haute pression puisque lui-même n'en avait jamais été informé. Bruno Van Grootenbrulle et Marc Duvivier prétendaient que le corps des pompiers connaissait cette conduite. Le député-bourgmestre déclarait d'ailleurs sur les antennes de RTL-TVI le 13 mai 2006 (JT de 13h) que des documents sur lesquels on met en évidence la présence de ces conduites avaient été signés par le commandant des pompiers athois. Le 26 avril 2006, le parquet de Tournai a demandé une confrontation entre l'ex-commandant Dupont, du personnel de la commune (services techniques de la Ville) et des pompiers. Tous ont répété qu'aucun plan des conduites Fluxys n'avait été transmis à la caserne des pompiers.

Le malaise est donc bien réel au sein de la commune athoise. Il a conforté probablement le juge d'instruction dans sa conviction que des négligences avaient été commises par le premier magistrat de la cité des Géants et son secrétaire communal.



C. Li.

© La Dernière Heure 2006