Horodateurs : une taxe déguisée ?

C'est le point de vue de l'opposition, mais le bourgmestre s'en défend

ATH Ah, cette chère mobilité. Comme de nombreuses villes, des difficultés de stationnement existent dans le coeur d'Ath. La majorité PS a donc décidé, dans le courant de cette législature, de faire placer des horodateurs qui sont gérés par la firme privée Vinci. Les artères principales de la ville accueillent une zone rouge tandis que la zone bleue a été instaurée aux alentours. "Il fallait absolument prendre des mesures car les habitants venaient régulièrement se plaindre auprès de nous", explique le bourgmestre Van Grootenbrulle.

Dans l'opposition, le discours est quasiment identique, saut peut-être au MR. Le CDH, le MSAD, ATH et Une Autre Gauche estiment qu'il s'agit d'une taxe déguisée. "La Ville a besoin d'argent. L'endettement est extrêmement important. Vinci exécute et 95 % des redevances reviennent dans les caisses de la Ville", dit Roland Foucart. Ce dernier, conscient des problèmes de circulation, se montre plutôt favorable à une zone bleue partout, mais avec un respect strict dans son application. "Le problème pour la majorité dans ce système, c'est qu'elle devrait alors payer plus de policiers pour réaliser les PV."

Ce système est-il utile pour le commerce athois ? "Je pense plutôt qu'il lui nuit", souligne Léon Gosselain. "Comme le personnel de Vinci exerce son contrôle avec un zèle inadmissible, cette atmosphère n'incite pas les gens à venir en ville."

Le conseiller Laurent Postiau pointe du doigt la problématique des personnes âgées. "Dans le cadre de l'Université du Temps Disponible, par exemple, qui se déroule en semaine durant l'après-midi, les seniors n'ont d'autres solutions que d'alimenter les horodateurs car ils ne peuvent se stationner en périphérie en raison de leur âge. D'ailleurs, les parkings périphériques ne désengorgent pas."

Même s'il ne condamne pas le système mis en place par le PS, Serge Dumont estime que Vinci manque de souplesse.

Le bourgmestre insiste sur l'existence d'un comité de suivi pour ce dossier chaud. "Nous continuerons à apporter des modifications par petites touches dans le système, mais nous ne comptons pas le supprimer à l'heure actuelle."

Christophe Lison

© La Dernière Heure 2006