Des socialistes trop puissants ?

Les schismes des oppositions hypothèquent une riposte réfléchie

ATH D'un côté, l'actuelle majorité absolue socialiste de 22 conseillers. De l'autre, Une opposition lézardée de toutes parts : un conseiller MR, cinq conseillers Forum (A.T.H., MSAD et Cdh) et un conseiller Autre Gauche (ex Verts et Alternatif, - ex Ecolo). Zoom arrière lorsque le MR subissait son premier schisme avec le départ de quatre de ses conseillers dissidents ayant décidé de former l'équipe A.T.H. : "Suite à l'autoritarisme d'Hasquin, nous avons pris nos distances. Ce qui ne nous a pas empêchés de suivre notre ligne politique initiale", précise Roland Foucart qui verra d'ailleurs l'un de sa bande des quatre filer vers le PS, à savoir Jean-Pol Saussez.

Dans le même temps, la majorité socialiste, d'apparence bien soudée, vivait en son sein une grosse tension comme l'explique Laurence Nasdrovisky qui claquait elle aussi la porte de son parti : "Déjà lasse d'être potiche qui n'avait aucun droit au chapitre décisionnel, la goutte qui fit déborder le vase, ce fut le parachutage d'une candidate sur la liste avec la précision que, quel que soit son score, elle serait bourgmestre. Cette mise au pied du mur par l'autocrate local a provoqué mon départ." Laurence Nasdrovisky fondait alors le MSAD. Nous avons demandé à Carinne Delfanne (PS) comment elle a perçu cette fronde à son encontre : "J'en ai été la première surprise. C'est suite avec des contacts avec le bourgmestre que j'ai accepté une place sur cette liste. J'étais d'ailleurs une candidate comme les autres. C'est dommage que cela se soit produit, mais je pense que des différents antérieurs ont peut-être accéléré la décision de Laurence."

Et les critiques à l'encontre du PS ? "Le côté despotique, anti-démocratique, népotique. L'absence de débat", estime Roland Foucart (A.T.H.). José Pettiaux (MR) insiste sur la durée d'une majorité absolue : "Depuis 1976, trente années ! C'est un système tout à fait particulier qui manque de transparence. Le pouvoir en place a la mainmise sur tous les domaines pourvoyeurs d'emplois communaux, l'administration, le CPAS, les logements sociaux et même l'ancien hôpital."

Nouveau en politique, Laurent Postiau (CDH) souligne "le caractère oppressant de cette majorité. Après trente ans, une majorité absolue n'écoute plus..." Léon Gosselain (Autre Gauche) ajoute : "Nous vivons ici dans une démocratie contrôlée. Pour preuve, il n'y a aucune place pour ce qui vient de l'opposition."

Ph. S

© La Dernière Heure 2006